lundi 8 mai 2017

ARMOIRE EN BIBLIOTHÈQUE








De forme rectangulaire en placage d'ébène «ARMOIRE EN BIBLIOTHÈQUE» de forme rectangulaire en placage d'ébène, d'écaille brune, de nacre et de laiton marqueté «en partie» et «contre partie» de personnages, de volutes, de rinceaux de papillons et d'oiseaux d'après Bérain.
Elle ouvre à deux portes partiellement vitrées et deux tiroirs à la partie inférieure. Elle repose sur des petits pieds. Attribuée à Nicolas Sageot. Début du XVIIIe siècle (accidents de placage, restaurations, quelques reprises et bronzes rapportés). H_246,5 cm L_144 cm P_51,5 cm



Provenance: - Vente Paris, Hôtel Drouot, 20 décembre 1968, n° 4 par le ministère de Maître de Nicolay. - Vente Paris, Hôtel Drouot, 6 décembre 1991, n° 99. - Collection de Monsieur et Madame C. “Armoire en bibliothèque” On peut dater cette armoire des années 1690-1700, en effet au cours du XVIIe siècle, l'armoire, meuble de rangement, fait l'objet d'importantes transformations. Habituellement réalisée par des menuisiers, elle devient un meuble d'ébénisterie. Abandonnant progressivement le schéma traditionnel constitué de deux corps superposés, elle se compose alors d'un seul bloc et ouvre à deux vantaux richement décorés: aboutissement des recherches de l'ébéniste André-Charles Boulle qui fera de ce type de meuble, une de ses spécificités(1). D'autres ateliers d'ébénistes parisiens diversifient l'architecture des armoires, la physionomie du meuble évolue, les vantaux s'allègent ne laissant que la partie inférieure en plein, on parle alors «d'armoires en bibliothèque».

Plusieurs de ces meubles estampillées Sageot laissent à penser que cet ébéniste avait fait de ces modèles sa spécialité(2). Nicolas Sageot né en 1666 est le fils d'un vigneron de Serrnaize les Bains, il travaille comme ouvrier libre du Faubourg Saint Antoine dès 1698. Reçu maitre ébéniste en 1706 il est témoin au mariage du marqueteur François Torel, la même année et se marie en 1711 avec Marie-Brigitte Roussel, fille de l'ébéniste Jacques Roussel (3). Quand il cesse son activité en 1720, il vend son stock au marchand-mercier Léonard Prieur pour 16 000 livres, les armoires étaient alors le meuble le plus cher coutant entre 400 et 1 000 livres (4). Ce n'est qu'à partir de 1743 que les ébénistes et menuisiers ont l'obligation d'estampiller leurs meubles. Avant cette date peu de meubles portent une estampille, quelques-uns apposent cette dernière occasionnellement comme vraisemblablement Nicolas Sageot mais André-Charles Boulle n'estampillera jamais un meuble. Le décor marqueté des vantaux de la bibliothèque que nous présentons est identique à celui d'un exemplaire estampillé Sageot (5). Elle est aussi à rapprocher de plusieurs exemplaires estampillés dont la seule variante est le motif central des vantaux(6).

(1) «Le Style Louis XIV» Calin Demetrescu, Paris 2002, l'Amateur Ed.,p105-106
 (2) «Le Mobilier Boulle et les Ateliers de l'époque» P. Grand, in l'Estampille l'Objet d'Art, Février 1993, n°266, p. 48-70. 
(3) «Les Artisans Décorateurs du bois au Faubourg Saint Antoine sous le règne de Louis XIV» Daniel Alcouffe, Saint Etienne 2008, Faton Ed. p. 254. 
(4) Opus cité P. Grand
 (5) Vente Paris, Hôtel Drouot, Couturier-Nicolay 20 décembre 1988, n°94.
 (6) On peut citer celle vendue à Paris, Drouot Montaigne le 23 juin 200 sous le n°138


Vente Pierre Bergé
282 30 000 - 50 000 €
Résultat: 38 640 €