lundi 24 septembre 2012

L’heure de gloire des cabinets en écailles de tortue



Cabinet en placage d'ébène, écaille et filets d'ivoire, XVIIe siècle,
196 x 189 x 61,5 cm. Estimation :
500 000/600 000 €.
L’Europe s’ouvre alors au monde, les richesses et les curiosités se dévoilent, les demeures, plus grandes, abondent de tables, armoires et autres sièges. Cependant, en ce XVIIe siècle, un meuble symbolise à lui seul la prospérité, les recherches intellectuelles et scientifiques : le cabinet. S’il conserve l’architecture des buffets du Moyen Âge, il innove en présentant sur le bâti des placages somptueux, notamment d’ébène et d’écaille de tortue. Sur les anciennes gravures représentant des intérieurs, on en voit parfois alignés, mais toujours supportant des pièces rares, comme de l’orfèvrerie, des porcelaines de la Chine, des coquillages... Voilà le meuble par excellence du gentilhomme, donnant même son nom à la pièce où il trône, le cabinet de curiosités. Ainsi, ce modèle ouvre par cinq tiroirs à système en ceinture et par deux vantaux, découvrant un intérieur à treize tiroirs disposés autour de deux vantaux à colonnettes et arcatures à nombreux casiers secrets, dévoilant en outre un théâtre ; une perspective de marches mène à la scène en miroir reflétant le jeu des colonnettes supportant une balustrade d’ivoire... L’ébéniste a de plus pris soin de numéroter chaque tiroir et secret et de prolonger les colonnes à chapiteaux corinthiens par les pieds gaine du piétement, conférant une unité tout architecturale à ce cabinet ayant figuré dans l’ancienne collection du duc de Cumberland. L’emploi de panneaux d’écaille rouge disposée à plat semble par ailleurs indiquer une fabrication anglaise. L’écaille aux teintes rouges, les rehauts d’ivoire ou de bois précieux et l’ornementation de bronzes dorés se faisant chapiteaux et bases des colonnes, boutons de préhension et figurines, apportent un éclat incomparable, qui évoque la magie du monde, le pouvoir et le luxe.

Source : gazette Drouot 


Photo Europ Action

Il ouvre à cinq tiroirs à système sur la corniche, deux vantaux en partie médiane et cinq tiroirs à système en ceinture. Le corps principal à décor d'arcatures moulurées alternées de colonnes à chapiteaux corinthiens sur de hautes bases en ressaut. Les deux vantaux découvrent un intérieur à treize tiroirs disposés six à six autour de deux vantaux à colonettes et arcatures découvrant un théâtre

mercredi 19 septembre 2012

silas kopf

cartel d'alcôve " tête de poupée ", début du XVIIIe siècle




 
 cartel d'alcôve  Photo Kohn
 
 
Ecaille, cuivre, laiton, bronzes dorés et émail. H. 36,5 cm, L. 16,5 cm, P. 16,5 cm -
 
 
cartel d'alcôve en marqueterie « Boulle » à trois faces de forme chantournée témoigne de l'évolution stylistique qui s'opère en matière d'horlogerie au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles.

La caisse où s'incorpore le mouvement s'orne en façade d'un superbe décor de rinceaux en cuivre doré se détachant sur un fond d'écaille rouge.

Les côtés arborent une ornementation de lambrequins entourés de larges palmes.

Le cadran en cuivre gravé de feuillage indique les heures en chiffres romains qui se détachent sur des pièces en émail blanc.

Les minutes apparaissent sur le pourtour du cadran.
Son socle en écaille et cuivre repose sur quatre sphinges en bronze ciselé et doré terminés par des pieds boule.

Les épaulements de la caisse et du socle sont soulignés par une large feuille d'acanthe terminée en volute.

L'ensemble de la composition est couronnée par un remarquable fronton de forme cintrée accueillant un masque d'angelot et une frise de feuilles d'eau.

La clochede sonnerie est habilement dissimulée par une couronne stylisée et un décor de guirlandes de feuillages centré d'une urne à godrons et grenade éclatée.

Cette pendule dérive notamment des dessins de Marot mais aussi de la pendule dite « tête de poupée » qui connut un succès considérable à la fin du XVIIe siècle. Ses petites dimensions, qui ajoutent tout son charme à cette oeuvre, indiquent qu'il devait être à l'origine placé probablement dans une pièce intime.
Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris. http://www.kohn.fr

source Alain Truong
 
Estimation : 80 000 / 100 000 €



Paire de sellettes en marqueterie « Boulle » par Etienne Levasseur (1721-1798), reçu Maître en 1767. Paris, vers 1770-1780. Photo Kohn


Bâti de chêne, ébène, bois noirci, étain, laiton, écaille et bronzes dorés. Estampillé LEVASSEUR. H. 126 cm, diam. 40 cm. Estimation : 150 000 / 200 000 €



Cette ravissante paire de sellettes en marqueterie « Boulle » est, au regard de la qualité du travail d'ornementation, l'oeuvre de l'ébéniste Etienne Levasseur, qui fut le meilleur représentant de cette technique sous le règne de Louis XVI.

Le plateau circulaire est agrémenté de rinceaux, de feuilles d'acanthe et de coquilles d'une grande souplesse dans lequel Levasseur sut faire coexister avec harmonie les couleurs de l'étain, du cuivre et de l'écaille.

Il est ceint d'un épais tore de lauriers ponctué de fleurettes en bronzes dorés.
Le fût de forme balustre soutient le plateau par une corole.

Il reçoit également un décor marqueté de métal sur fond d'écaille composé de rinceau dans des cartouches. Des masques au visage souriant, de grandes palmes ajourées et trois pattes de boucs en bronze doré confèrent à cette partie du meuble toute sa richesse et son élégance.
Le piètement tripode se termine par de magnifiques volutes soulignées de bronze doré. Véritable prouesse technique, des frises de sequins et de feuillages en étain et écaille accentue les courbes ainsi formées. De nouveau, on retrouve ces visages humains dans des cartouches d'une très grande qualité de ciselure.
Cette paire de sellettes incarne parfaitement l'oeuvre de Levasseur, présent dans les plus prestigieuses institutions muséales.
Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris www.kohn.com
source Alain Truong

mardi 18 septembre 2012

paire de cabinets bas à décor de marqueterie

 


André-Charles Boulle
(1642-1732), paire de cabinets bas à décor de marqueterie de laiton, d’étain et d’écaille
de tortue, époque Louis XIV, 102 x 76,5 x 39 cm.
Estimation : 1,5/2 M€.

Partie et contrepartie… La marqueterie de cuivre, d’étain et d’écaille de tortue à laquelle Boulle a laissé son nom se décline par paire. Ce qui permettait d’avoir le même décor dans deux tonalités différentes. Il faut s’imaginer l’effet produit par ces somptueux meubles brillant doucement à la lumière du jour ou à celle des bougies. Les coloris de pierres précieuses de l’écaille de tortue, rehaussés par l’or des bronzes, ou au contraire, l’éclat opalescent du laiton conjugué à la chaleur du cuivre se marient à la décoration de tableaux, tentures et rideaux des intérieurs de l’époque. Un tel faste ne peut être qu’à la portée du roi, de son entourage ou de grands financiers et autres titulaires de charges importantes. Quand on sait qu’une paire similaire, mais ornée du profil de Louis XIV, est conservée au Louvre, la piste d’une commande du Roi-Soleil est tout à fait envisageable. Car cette paire a été modifiée après la Révolution. Les médailles du cardinal Mazarin (1602-1661), d’après Jean Warin, et de Marie-Madeleine d’Autriche (1589-1631), épouse de Cosme II de Médicis, d’après Guillaume Dupré ont remplacé le profil royal. La structure de ces meubles, ouvrant par un vantail découvrant quatre tiroirs, les côtés dotés également de vantaux simulant quatre tiroirs et en découvrant quatre, indique probablement leur fonction de médailler. En somme, un côté somptuaire et pratique à la fois. Plusieurs hypothèses ont été avancées quant aux dates de modification des cabinets lorsqu’ils reçoivent de nouveaux profils : prérévolutionnaire, si la paire avait appartenu à la duchesse de Mazarin, qui aurait fait ajouter le profil de son illustre parent sur l’un ; son pendant modifié après la Révolution avec une médaille de mêmes dimensions. Une autre hypothèse parie pour un changement plus tardif des deux cabinets. Reste la maestria du décor marqueté et des ornements de bronze doré qui désigne André-Charles Boulle comme son créateur. Ses oeuvres défient aussi les modes, car, même à la fin du XVIIIe siècle, on se disputait les "Boulle" dans les ventes aux enchères… tout comme aujourd’hui.
Mercredi 26 septembre. Drouot-Richelieu, salle 5-6.

Cartel style Régence en marqueterie Boulle




Somptueux cartel et son cul-de-lampe de style Régence en marqueterie Boulle sur un fond d'écaille brune. D'époque Napoléon III, belle ornementations en bronze doré à décor au sommet d'un putti jouant de la lyre. Très beau cadran à cartouches émaillées signé de Martinot à Paris.

La marqueterie est d'une grande finesse d’exécution, la ciselure et dorure des bronzes sont de belle qualité.
Mouvement animé par un balancier soleil visible depuis les parties vitrées. Ouverture de la grande porte vitrée à l'aide d' une petite clé présente pour la mis à l'heure et remontage. A signaler seulement sur le côtés droit un manque en bas du dessous de l'arrondi (voir photo). Rare un document d'un petit historique du cartel vous seras remis (voir photo). Sonorité de la sonnerie exceptionnelle.

source :
© Clock Prestige Tous droits réservés

pendule de cheminée en forme de cartel en marqueterie "Boulle"

                                  l. 62 cm X H. 113 cm X P. 26 cm
 
Importante pendule de cheminée en forme de cartel en marqueterie "Boulle" et ornementation de bronze ciselé et doré à décor de rinceaux feuillagés de laiton sur fond d'écaille rouge, marquetée toutes faces. Cadran du mouvement en bronze doré et cartouches d'émail, ciselé d'un profil de Louis XIV en médaillon.
La partie supérieure, en forme de chapiteau, est coiffée d'une renommée ailée. La partie centrale présente un boîtier contenant un mouvement encadré de quatre termes au dessus d'un imposant sphinge ailé. Elle repose sur un contre-socle décoré d'un dais ou baldaquin central et bordé de drapés, le tout orné de campanes et supportant quatre grands sphinges en bronze.

Note : Il convient de souligner la taille exceptionnelle de ce modèle de style Louis XIV dans le goût de Jean I Berain, la richesse de la décoration de bronze, la qualité de la marqueterie "Boulle" en laiton et écaille de tortue ornant les trois faces. Un modèle très proche, mais plus courant que le modèle aux sphinges, est référencé dans : La Pendule Française, de Pierre Kjellberg.

Source Cet objet est mis en vente par Antiquités Philippe Glédel

Cabinet 17e Ecaille Tortue Rouge et Marqueterie Ivoire




Cabinet d'époque XVIIe siècle avec son piètement d'origine, travail espagnol.
La marqueterie d'ivoire est en parfait état
.Ses tiroirs extérieurs sont ornés de plaques d'écaille de tortue rouge, et de marqueterie d'ivoire.
. La porte centrale est en écaille rouge et marqueterie d'ivoire à décor d'un paysage avec un personnage jouant la flute traversante, à décor d'anges, et de colonnes torsadées.
Clef d'origine fermant les tiroirs.
Piètement en fer forgé et marqueterie de bois.




Anses de chaque coté du cabinet.
Le cabinet se pose sur des griffes en bronze doré montés sur des pieds ronds


Une porte centrale s'ouvre pour découvrir une série de 5 tiroirs marquetés

dimanche 9 septembre 2012

La table des époux Pinault

Table à écrire en marqueterie Boulle, estampillée C.J.Dufour et J.M.E., 79 x 93 x 63 cm. Photo Daguerre.



La Cour de cassation met définitivement un terme à l'affaire dite de la table à écrire Boulle en rejetant le second pourvoi des époux Pinault à l'encontre de l'arrêt de la cour de Paris qui n'avait pas suivi la première décision de la juridiction suprême au motif que « l'installation de la marqueterie Boulle sur ce meuble d'époque Louis XVI et l'espampille C.J. Dufour constituaient son originalité [...] comme la provenance du meuble issu de la collection Salomon de Rothschild ».

 

C'est le 14 décembre 2001 que François et Maryvonne Pinault s'étaient portés acquéreurs, au cours d'une vente aux enchères publiques à l'hôtel Drouot, pour la somme de 7,9 million francs [1 204 347,20 €], d'une table à écrire présentée dans le catalogue de la vente sous le numéro 120 comme étant « en marqueterie Boulle et placage d'ébène. Elle ouvre à deux tiroirs sur les côtés et repose sur des pieds fuselés. Riche ornementation de bronze ciselé à décor de masques rayonnants, rosaces, frises de fleurs et feuilles, sabots feuillagés. Estampillée C.J. Dufour et JME. Époque Louis XVI. (accidents et restaurations) » et estimée entre 60 et 80 000 francs [entre 9 146,94 et 12 195,92 €].

Soutenant n'avoir acquis la table au prix de 7,9 millions francs qu'en considération de sa facture prestigieuse et que ce n'est qu'a posteriori qu'ils avaient découvert qu'elle avait été reconstituée à partir d'éléments postérieurs, les Pinault demandaient l'annulation de la vente pour « erreur sur les qualités substantielles ou pour vice caché ».

Déboutés par le tribunal(1) et la cour(2) qui les avaient condamnés à payer principal augmenté des intérêts depuis la date d'adjudication, émoluments, frais, taxe sur la valeur ajoutée et 4 000 euros à chacun de leurs 4 adversaires (le vendeur, société de vente Daguerre, le commissaire-priseur et l'expert) au titre des frais irrépétibles en première instance et 7 000 euros chacun en appel, les époux Pinault se sont pourvus en cassation.

Et dans un premier arrêt, la première civile de la juridiction suprême(3) va leur donner raison en censurant la cour de Paris qui bien qu'elle avait constaté que « la table avait été transformée au XIXe siècle à l'aide de certaines pièces fabriquées à cette époque [...] éléments des pieds, des chants des tiroirs, du placage du plateau du dessus et de certains bronzes », n'en avait pas tiré les conséquences appropriées dans la mesure où « les mentions du catalogue par leur insuffisance, n'étaient pas conformes à la réalité » et avaient de ce fait pu entraîner « la conviction erronée et excusable des acquéreurs que bien que réparé et accidenté ce meuble n'avait subi aucune transformation depuis l'époque Louis XVI de référence ».

Retour devant la cour de Paris autrement composée à qui les époux Pinault soumettent, à nouveau, leur demande d'annulation de la vente sur le seul fondement de « l'erreur qui aurait vicié leur consentement », ainsi qu'une demande de dommages-intérêts de 400 000 euros à l'encontre de leurs 4 adversaires. L'argumentation des Pinault repose sur la description incomplète et inexacte du meuble figurant dans le catalogue dans la mesure où il y omis qu'elle présente « des manques, des restaurations et une transformation faite au XIXe siècle à l'aide de matériaux du XIXe inusités à l'époque de Louis XVI et à plusieurs reprises, selon un travail grossier ou peu soigné ».

Pour confirmer une seconde fois le jugement qui avait débouté les époux Pinault, la cour de Paris(4) retient que la description de la table à écrire, telle qu'elle figure au catalogue, ne supporte pas la critique dès lors qu'il est exactement indiqué que la marqueterie Boulle orne une table à écrire estampillée C.J. Dufour et J.M.E., d'époque Louis XVI, et que ce meuble a subi des « accidents et restaurations ». Cette mention, indique la cour, exprimée au pluriel, devant être comprise comme faisant état d'accidents et de restaurations survenus nécessairement au XIXe puisque la fin de l'époque Louis XVI coïncide, sur le plan artistique, avec les dernières années du XVIIIe siècle. Au demeurant, insiste la cour, la modicité de l'estimation était propre à introduire un aléa dans le champ contractuel et aurait dû éveiller l'attention des acheteurs.

En réalité, juge la cour, les époux Pinault se sont décidés à acquérir la table en raison de « la qualité et de l'authenticité de la marqueterie, du renom d'André-Charles Boulle, de l'estampille de Charles-Joseph Dufour et de l'origine du meuble qui provenait de la collection de la baronne Salomon de Rothschild » et c'est ce que retient la Cour de cassation(5) pour rejeter le pourvoi, estimant ces « constations et appréciations souveraines » suffisantes pour justifier légalement la décision.