lundi 21 mai 2012

Chateau de Fontainebleau





Paire de meubles d'appuis au musée de Fontainebleau.

 

Brosse

Brosse

Restaurierung und Rekonstruktion der Boulle-Marketerie
Bürste, HG 9961, Mitte 18. Jahrhundert, wohl süddeutsch.


photo Michele ristale
GERMANISCHES NATIONALMUSEUM Nürnberg ©

Mouvement par Nicolas Gribelin (1637 - 1719)


France
c. 1675
Caisse attribué à Andre-Charles Boulle (1642 - 1732)
Mouvement par Nicolas Gribelin (1637 - 1719)

musée de Chicago

Coffre au musée de chicago

    Attribué à Andre-Charles Boulle (1642 - 1732)

     

      Table attribué à Andre-Charles Boulle 1680-1690

      Crédit photo :
       Flickr mhaarrsch

      Table attribué à Andre-Charles Boulle 1680-1690



      Détail

      COFFRET


      BEAU COFFRET en marqueterie de Boulle fond d'écailles, cuivre et étain finement ciselés à décor de coquilles, guirlandes de fleurs, feuilles d'acanthe et coquilles, le couvercle à doucine. L'intérieur en bois de placage et incrustation d'un filet d'étain. Epoque Louis XIV H 9.5 , L 29, P 22.5 cm

      Estimation : 8 000 - 10 000 €


      Un nouveau style pour l'Europe de Jean Nérée Ronfort


      André Charles Boulle (1642-1732) : Un nouveau style pour l'Europe

      Jean Nérée Ronfort, Somogy éditions d'art, 2009, 467 pages
      Au XVIIe siècle, apogée du rayonnement de la France, André Charles Boulle donne naissance à une esthétique nouvelle qui combine un raffinement et une virtuosité d'exécution absolument uniques au monde. Le Roi-Soleil lui décerne le titre d'" Ébéniste Ciseleur et Marqueteur du Roi ", ses créations, chefs-d'oeuvre intemporels, devenant aussitôt des objets de convoitise pour les têtes couronnées, princes et riches collectionneurs de l'Europe entière. L'emploi du bronze doré, qu'il fut le premier à allier à une marqueterie particulièrement originale - florale, d'écaille, de laiton s'accompagne des matériaux les plus variés ; écaille de tortue, ébène, cuivre rouge, étain, bois précieux colorés.

      Thumbnail

      Fruit de huit années de recherches et de travaux préparatoires par une équipe internationale dirigée par Jean Nérée Ronfort.

      Paire de baromètre et thermomètre du comte de Toulouse à la Banque de France


      Détail - André Charles Boulle (1642-1732) et ses fils ;


      En 1720, André Charles Boulle a élaboré une paire de thermomètre et de baromètre pour le compte de Toulouse. La marqueterie a été faite en cuivre sur un fond d’écaille de tortue, recouvert par un bronze doré. La hauteur de l’objet est de 151 cm.

      Ils sont à  Paris,  à la Banque de France










      Baromètre
       
      Baromètre
      Thermomètre
      Baromètre
      Museum für Angewandte Kunst Frankfurt

      Médaillier de Max Emanuel de Bavière Vers 1694-1695



      André Charles Boulle (1642-1732)
       Médaillier de Max Emanuel de Bavière Vers 1694-1695
       Marqueterie de bois de rapport, ébène, amarante, érable, noyer, frêne, acajou, palissandre, padouk, étain, laiton et écaille de tortue. Bronze ciselé et doré Haut. 76 cm, Larg. 102,5 cm, Prof. 52,5 cm Munich, Staatliche Münzsammlung

       

      Médaillier



      André Charles Boulle (1642-1732) et ses fils
       Médaillier de Jules-Robert de Cotte, Vers 1723. Marqueterie première partie de laiton sur fond d’écaille de tortue. Placage d’amarante, d’ébène, de bois de violette. Bronze doré. Bâti de chêne et de sapin. Dessus de marbre d’Antin Haut. 78,5 cm, Larg. 131,5 cm, Prof. 71 cm Saint-Pétersbourg, musée d’État de l’Ermitage



      André Charles Boulle (1642-1732) et ses fils Médaillier de Jules-Robert de Cotte, Vers 1723
      Marqueterie première partie de laiton sur fond d’écaille de tortue. Placage d’amarante, d’ébène, de bois de violette. Bronze doré. Bâti de chêne et de sapin. Dessus de marbre d’Antin
      Haut. 78,5 cm, Larg. 131,5 cm, Prof. 71 cm
      Saint-Pétersbourg, musée d’État de l’Ermitage

      pour l'exposition André Charles Boulle (1642-1732) : Un nouveau style pour l’Europe, 30 octobre 2009-31 janvier 2010, Museum für Angewandte Kunst Frankfurt, Schaumainkai 17, 60594 Frankfurt, Deutschland/Allemagne www.angewandtekunst-frankfurt.de

      vendredi 18 mai 2012



      France, Paris,
       after 1692 - about 1700





      Bureau brise de Alexandre-Jean Oppenordy (marquéteur, Dutch, act. France, 1639 - 1715) et dessin de Jean Berain (, France, 1638/39 - 1711)
      France

      Pendule attribuée à André-Charles Boulle

       
      Pendule attribuée à André-Charles BoulleLa pendule, décorée des allégories du Jour et de la Nuit, attribuée à André-Charles Boulle a doublé son estimation, soit 390 350 € (n°45). Cette pendule d'époque Régence est en marqueterie d'écaille, de cuivre, placage d'ébène et ornementation de bronze ciselé, patiné et doré. Le cadran émaillé, indiquant les heures en chiffres romains, est signé Gilbert à Paris. Le thème des personnages du Jour et de la Nuit d'après Michel-Ange est repris du sarcophage de Laurent de Médicis, exécuté en 1546 et conservé dans la sacristie de la basilique San Lorenzo de Florence. Le motif du couronnement de la pendule est d'André-Charles Boulle. Il est reproduit dans les Nouveaux Dessins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie, édités par Mariette.

      PENDULE Décorée du Jour et de la Nuit, de Michel-Ange - Époque régence. - Auction

      Époque régence.
      Sur un socle en bois marqueté de cuivre et écaille orné de bronze doré d'époque postérieure.
      Hauteur : 76 cm - Largeur : 85 cm - Profondeur : 19 cm.

      J.P.F.?

      Gilbert Charles, horloger reçu maître vers 1700.

      Le thème des personnages du jour et de la nuit d'après Michel-Ange est repris du sarcophage de Laurent de Médicis dans la sacristie à San Lorenzo de Florence exécuté en 1546.
      Par la suite, Pietro Tacca fondit des petits bronzes de l'aurore et de la nuit puisés dans son atelier par Giovanni Francesco Susini en 1633.
      Le motif du couronnement de la pendule est d'André Charles Boulle reproduit dans les Nouveaux Dessins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie, édités par Mariette.
      On trouve à plusieurs reprises dans les catalogues de vente du XVIIIème siècle et sur un beau dessin du musée du château de Berlin aujourd'hui détruit, la pendule décorée de la nuit et du jour de Michel-Ange.
      Une pendule de ce type, venant de Chantilly, orne le salon ovale de l'Hôtel de Soubise (pl. 21a) reproduit page 229 - André-Charles Boulle et sa famille, par Jean-Pierre Samoyault - Librairie Droz, novembre 1979.
      Pendules comparables :
      Vente Christie's Monte-Carlo 1er juillet 1995, lot 98.
      Vente Christie's Monte-Carlo 13 décembre 1998, lot 400.
      Copper designs by André Charles Boulle (1642-1732) used on furniture. 
       

      Createur: Bauer, Joseph Anton, 1820-1904 -- Lithographe

      Cabinet vers 1675

      Au Rijksmuseum, Amsterdam, Netherlands

      Furniture, Oak with other sorts of wood, 189 x 129 x 129 cm
      Cabinet by André-Charles Boulle
      Cabinet vers 1675

      horloge à la Wallace Collection

      Clock face by André-Charles Boulle
      Wallace Collection, London, United Kingdom
      Furniture, Gilt bronze with white enamel plaques

      Horloge sur pied - 1720 - 1725

      Pedestal clock by André-Charles Boulle
      Pedestal clock 1720 - 1725
      Wallace Collection, London, United Kingdom
      Furniture, Oak veneered with engraved brass and tortoise-shell 125 cm

      Armoire Wallace Collection à Londres

      Wardrobe and clock by André-Charles Boulle
      hauteur : 302 cm

      Decorative panel by André-Charles Boulle

      video






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      détail

      Andre-charles Boulle - Detail from a Louis XIV Ormolu-Mounted Bureau Plat

      PANNEAU AUX ARMES DE FRANCE D'EPOQUE LOUIS-PHILIPPE

       
      Ebène incrusté d'écaille, cuivre, étain, nacre et ivoire, à décor de feuillage, branchage de lierre parmi des entrelacs, des cartouches enserrant des trophées aux écoinçons
      Hauteur : 54 cm. (21 1/2 in.), Largeur : 43 cm. (17 in.)

      A LOUIS-PHILIPPE EBONY, BRASS, PEWTER, TORTOISESHELL, MOTHER-OF-PEARL, AND IVORY INLAID PANEL WITH THE FRENCH COAT-OF-ARMS

      La Charte de 1830 fonde la Monarchie de Juillet issue des Trois Glorieuses des 27, 28 et 29 juillet 1830. Le nouveau régime de monarchie parlementaire en fait un symbole à partir d'une Ordonnance du 26 février 1831 énonçant : À l'avenir, le sceau de l'État représentera un livre ouvert portant à l'intérieur ces mots "Charte de 1830", surmonté d'une couronne fermée, avec le sceptre et la main de justice en sautoir, et des drapeaux tricolores derrière l'écusson, et pour exergue "Louis-Philippe Ier, Roi des Français. Les armes de la France seront ainsi représentées jusqu'à l'abdication de Louis-Philippe, le 24 février 1848.
      Le décor de rinceaux de feuillage, le lierre parcourant des entrelacs stylisés, les écussons enserrant des trophées, inscrivent ce panneau dans le courant néo-Renaissance de la période Louis-Philippe, marqué également par le goût des meubles d'ébène incrusté de métal, d'ivoire, de nacre ou d'écaille. Probablement œuvre de commande, ce véritable chef d'œuvre de marqueterie, est à rapprocher par son décor d'une paire de guéridons livrée le 8 août 1838 par Louis-Edouard Lemarchand (1795-1872), ébéniste officiel du duc d'Orléans, pour le nouveau salon de famille du Grand Trianon, (illustré dans le catalogue d'exposition « Un âge d'or des arts décoratifs, 1814-1848 », Paris, Galeries nationales du Grand-Palais, 10 octobre-30 décembre 1991, p.249, cat. 121). En ébène, leur plateau est incrusté de cuivre et d'étain gravé.




      Estimation 8 000 - 12 000 € artcurial

      PENDULETTE A L'URANIE CAISSE ATTRIBUEE A ANDRE-CHARLES BOULLE

      19 juin 2012 à 14:30
      PENDULETTE A L'URANIE CAISSE ATTRIBUEE A ANDRE-CHARLES BOULLE, EBENISTE ET BRONZIER, PARIS, VERS 1715

      MOUVEMENT PAR PAULUS SCHILLER, HORLOGER, FRANCFORT, VERS 1620-1630
      En bronze ciselé et doré, ébène, et marqueterie d'écaille et de laiton
      Hauteur : 25 cm. (9 3/4 in.), Largeur : 23 cm. (9 in.), Profondeur : 10,5 cm. (4 1/4 in.)

      Conçue à partir d'un mouvement horizontal, cette rare pendulette à automate comporte une sculpture en ronde bosse de bronze doré représentant la muse Uranie, laquelle soutient de la main droite une baguette et de la gauche un globe céleste étoilé dont l'équateur en acier est marqué de divisions horaires indiquées en chiffres romains ; allongé sur une terrasse figurant un sol accidenté et accoudé à un coussin, le personnage féminin est représenté vêtu à la romaine, avec une cuirasse richement ornée et bordée de lambrequins et une tunique dont les amples drapés laissent découvrir sa jambe gauche chaussée d'un cothurne. La figurine est posée sur un socle décoré sur ses côtés de frises à mascarons, rinceaux d'acanthe et palmettes ajourés, également en bronze doré. Ce dernier est monté sur une base ceinte par un registre godronné, qui forme le couvercle à charnières d'une cassette dissimulant le mouvement de la pendule.
      Evoquant un petit sarcophage, cette boîte à pourtours chantournés, délimités par un puissant encadrement de bronze doré à décor guilloché entouré de bandes lisses, est revêtue sur ses faces de marqueterie en première partie, à motif réticulé ponctué d'anneaux et renfermant des rosaces, en laiton sur fond d'écaille brune. Elle est enrichie en ses extrémités de chutes à fleurons d'acanthe en bronze et repose sur deux sphinges en ronde-bosse, également de bronze doré, disposées sur ses côtés. Le tout est posé sur une plinthe rectangulaire, cintrée par les deux bouts et soulignée d'une moulure en bronze, elle-même montée sur une base en ébène. La partie supérieure s'ouvre pour découvrir le mouvement à plaques réunies par six montants et à tambour orné de rinceaux fleuris gravés, ainsi que les inscriptions P. SCHILLER Franckfort et Paulus Schiller dans un phylactère. Articulé, le bras gauche de la figurine d'Uranie bouge lors du passage des heures.

      A SOUTH GERMAN GILT-METAL AND EBONY STRIKING AND AUTOMATON FIGURAL CLOCK BY PAUL SCHILLER, CIRCA 1620-1630, ON AN ORMOLU-MOUNTED EBONY, BRASS AND TORTOISESHELL MARQUETRY BASE ATTRIBUTED TO ANDRE-CHARLES BOULLE CIRCA 1715

      Provenance :
      Faisant partie peut-être des commandes exécutées à Paris pour Frédéric-Auguste de Saxe (1670-1733), dit Auguste le Fort, au XVIIIème siècle.

      Aussi novatrice qu'ingénieuse, cette adaptation d'un boîtier exécuté à Paris dans les années 1715 à une ancienne pendulette à automate signée par un horloger allemand du début du XVIIe siècle constitue une réalisation exceptionnelle, voire unique, dans l'œuvre d'André-Charles Boulle. L'ébéniste avait réalisé ici une synthèse très originale à partir de plusieurs de ses modèles, tels qu'ils apparaissaient sur les planches du recueil des Nouveaux Desseins de Meubles et Ouvrages de Bronze et Marqueterie inventés et gravés par André-Charles Boulle, publiés chez Mariette vers 1707 : il réitérait ainsi le principe d'une horloge dont les côtés étaient ornés de sphinges en ronde bosse de bronze, proche de celui de la pendule dite à sphinges ou à lampe antique, connue principalement sous l'appellation de pendule de M. de Louvois, élaborée vers 1685-1690 ; modèle à succès, dont un nombre relativement important d'exemplaires est conservé (1), celle-ci figurait toujours sur la seconde planche des Nouveaux Desseins…(2) Cependant, pour ce boîtier Boulle utilisa des sphinges en bronze d'un modèle légèrement différent, qui était celui des chenets représentés sur la sixième planche de son recueil et dont plusieurs originaux en bronze subsistent encore (3) . Enfin, l'agencement de la cassette dissimulant le mouvement de la pendulette de Schiller retrouvait son origine dans le projet d'un piédestal pour une sculpture, représenté sur l'une des deux planches supplémentaires, lesquelles n'avaient pas été incluses dans l'édition de Mariette. Sur ce dernier, la partie assurant la transition entre le piédestal proprement-dit et la sculpture est constituée par une base recouverte de marqueterie à motifs réticulés, également supportée par deux sphinges disposées sur ses cotés, laquelle constitua certainement le point de départ pour l'élaboration du petit coffret destiné à recevoir le mouvement de Schiller (voir ills.).
        
      Uranie de  Jean Auguste Dominique INGRES.

      Ainsi, sur la série des pendules appartenant au modèle de M. de Louvois, les sphinges en bronze qui bordent les côtés de la boîte sont d'une taille plus importante et sont représentées invariablement avec leurs têtes tournées, regardant respectivement vers la gauche et vers la droite, alors que plus petits, les monstres fabuleux qui ornent les chenets sont représentés regardant droit devant eux, comme sur notre exemplaire. Dans les deux cas, les sphinges ont les têtes recouvertes d'un némès, l'ancienne coiffe rayée des pharaons égyptiens, avec les deux pans retombant sur les côtés et maintenue sur le front par un losange et les figures ne se différencient que par la largeur du pectoral ornant leur tunique autour du cou, plus ample sur le modèle présent sur les chenets. Enfin, alors que sur les pendules, les sphinges enserrent des sphères sous leurs pattes, leurs griffes sont simplement posées sur une moulure dans le cas des chenets et de la boîte pour la pendulette de Schiller (voir ills).


      En effet, l'inventaire dressé en 1732, après le décès d'André-Charles Boulle, consigne parmi les accessoires de bronze, sous le numéro 63, une " boeste de modèles de sphinx grands et petits pesant avec deux modèles de tombeaux quarante livres "(4) , confirmant ainsi l'utilisation de ce type de figurines en deux tailles différentes. Dans ce cas, la présence de deux modèles de tombeaux associés à ceux des sphinx retient particulièrement l'attention, car il semble fort vraisemblable qu'au moins l'un d'entre eux se rapporte à celui du petit coffret de cette pendule. Par ailleurs, ni dans l'acte de délaissement de l'atelier par Boulle à ses fils de 1715, ni dans la liste des objets détruits dans l'incendie de 1720, ou bien dans l'inventaire de 1732, ne se retrouve aucune description d'une horloge pouvant évoquer de près ou de loin le boîtier de la pendule à automate de Schiller ; hormis l'aspect de quelques socles de petite taille (5) , seule la forme et les dimensions réduites de celui-ci peuvent évoquer, en fait, des modèles en sarcophages, qu'on appelait également des " tombeaux " (6).

      La conception originale de cette boîte de pendule, ainsi que son unicité dans l'ensemble de l'œuvre d'André-Charles Boulle, permettent de supposer que sa création avait été occasionnée par une commande ponctuelle. Même si dans l'état actuel des recherches, aucune source d'archives ne se rapporte, hélas, à une pareille livraison par l'ébéniste, cette pièce renvoie cependant à une certaine clientèle susceptible d'être à l'origine d'une telle commande. Le choix de l'horloge lui-même est symptomatique : il indique avec insistance un commanditaire d'outre-Rhin, qui en était le propriétaire et pour lequel cet objet extraordinaire aurait dû être créé. Très prisé dans les milieux d'amateurs des pays du Nord, ce type de pendulette à automate, issue de l'atelier d'un horloger allemand dans les années 1620-1630, s'inscrit parmi les pièces destinées par excellence aux cabinets des collectionneurs - les Kunstkammer ou Wunderkammer - conçus pour renfermer aussi bien les œuvres d'art que les curiosités de la nature et celles de l'inventivité technique humaine, tel qu'on le voit sur une peinture de Frans II Francken (1581-1642), datée de 1625 (7) (voir ills.).

      Plusieurs œuvres de Boulle conservées, ainsi que des mentions documentaires, témoignent des relations entre l'ébéniste parisien et des princes allemands, telle la pendule au Temps couché exécutée pour Jean-Guillaume, électeur palatin du Rhin, déjà mentionnée, ou bien le médailler en bois de rapport (8) faisant partie des collections de Maximilien II Emmanuel de Bavière (1662-1726), pièce qui ne semble pas avoir été directement commandée par l'électeur lui-même, mais plutôt constituer un présent de Louis, Grand Dauphin de France, son beau-frère, envoyé en 1695 par le biais du marchand parisien Laurent Danet (1650-1720) (9) . Plus tard, pendant son séjour en France, Max Emmanuel avait privilégié pour ses commandes Bernard Ier van Risen Burgh (†1738), un autre ébéniste contemporain de Boulle, qui pratiquait également la marqueterie de cuivre et d'écaille (10). Le plus important client de Boulle reste cependant Frédéric-Auguste de Saxe (1670-1733), dit Auguste le Fort, prince électeur de Saxe depuis 1694, puis, sous le nom d'Auguste Ier, roi de Pologne entre 1697-1704 et 1709-1733, dont on connaît les dépenses somptuaires poursuivies à Paris, auprès d'artistes, d'artisans et de marchands merciers entre 1695 et 1718 (11). Ainsi, en 1695, son valet de chambre Spiegel lui avait " apporté toutes sortes de choses exquises de France ", en valeur de 65 793 thalers (12) et l'année suivante, Antoine Boucher, un marchand français lui livre des objets en valeur de plus de 7 300 thalers. En 1698, Vitry, un autre valet de chambre de l'électeur se rendait à Paris pour acheter des étoffes et des costumes et le général Jordan, l'ambassadeur saxo-polonais dans la capitale de France y fit l'acquisition de joyaux pour plus de 9 200 thalers. En 1699, puis entre le printemps 1714 et l'automne 1715, le baron Raymond Leplat (v.1664-1742), " ordonnateur du cabinet ", puis responsable de la Kunstkammer d'Auguste le Fort à Dresde, dépensa lors de ses voyages à Paris la somme prodigieuse de plus de 100 000 livres dans l'achat de peintures, de sculptures, des statuettes en bronze, de la porcelaine, des " consolles en marqueterie Boulle ", etc. La Liste des achats de Leplat du 3 avril 1716 (13) fait état, entre autres, d'une " grande pendulle sur son piedestail ou quinne [gaine] de marcetterie et bronze avec son monument et tout ce qui en depend ", d'une " seconde pendulle pareylle grandeur d'escaille et marcetterie garny de bronze avecq son monument et scabellon de marcetterie aussy garny de bronze " (14), d'une armoire de marqueterie à fond d'écaille et ébène, garnie de bronze doré, portant sa pendule, nommée " vulgairement un serpapié ", d'une autre armoire de marqueterie à fond d'écaille et d'ébène, très richement garnie de bronze, " avec toutte les tiroirs pour y mettre des médailles ou des agattes ". Le même document consigne l'achat de quatre scabellons de marqueterie, à fond et " ornemens d'escaille garny de bronzes " , pour mettre les réductions des sculptures représentant l'Enlèvement de Proserpine par Girardon et les Chevaux de Marly par Coysevox, de " deux piedestaux de marcetterie escaille garny de bronzes " pour les statues de Méléagre et d'Hercule, d'une gaine, également de marqueterie d'écaille, pour une pendule, ainsi que d'un piédestal " garny de bronzes et marcetterie " pour le groupe du Bain d'Apollon de Girardon. En 1718, Montargon, valet de chambre d'Auguste le Fort, rentrait de Paris, où il avait été envoyé en tant qu'ambassadeur spécial, apportant avec lui quatre voitures et cinq charrettes " bien chargées " pour le roi, qui contenaient des objets de luxe destinés aux festivités de mariage du futur prince électeur, Frédéric-Auguste II, avec l'archiduchesse Marie-Josèphe, fille du défunt Empereur. Il semble vraisemblable donc de penser que la boîte de la pendulette de Schiller aurait pu être commandée lors de l'une des missions poursuivies à Paris par les représentants d'Auguste le Fort, entre 1695 et 1718. Grand amateur de curiosités, ce prince possédait parmi d'autres trésors à la Voûte Verte de Dresde des pendulettes à automates, dont l'une anonyme, représentant un pélican, datée de 1602 (15) et une autre, à dromadaire et à figure de maure, par Elias Weckherlin et Hans Jakob Mair, exécutée par ces artisans augsbourgeois entre 1673-1677 (16). Pas étonnant alors qu'une horloge comme celle de Schiller, à l'Uranie couchée, puisse attirer l'attention d'Auguste le Fort, d'autant plus que parmi les meraviglie de son cabinet figuraient d'autres objets, plus anciens, issus de l'atelier de l'orfèvre nurembergeois Wenzel Jamnitzer (v.1507-1585) et ornés de ce type de représentation, notamment une cassette formant nécessaire à écrire avec une allégorie de la Philosophie, datée de 1562 (17), ou bien un coffret de 1588, offert par l'Electeur de Saxe Christian Ier (1560-1591) à son épouse Sophie von Brandenburg (1568-1662) (18), les deux également munis de mouvements d'horloge. Bien qu'on ne connaisse le moment précis de l'élaboration du modèle d'horloge à l'Uranie couchée - il semble qu'il existait déjà à la fin du XVIe siècle - celui-ci connut un indéniable succès pendant les premières années du siècle suivant, comme l'attestent plusieurs exemplaires encore conservés. En dehors de notre pièce, Schiller est l'auteur à lui seul de cinq autres pendulettes ornées de ce même automate, toutes datant des années 1620-1630 et dont les légères variations sont données soit par l'aspect du globe et par celui de son support, soit par les motifs ornant les vêtements du personnage : l'une se trouve à Karlsruhe, au Badisches Landesmuseum, une seconde au Germanisches Nationalmuseum de Nuremberg, une autre, à peine plus tardive, au musée de l'horlogerie de Wuppertal, alors que deux autres sont conservées dans des collections privées (19). Enfin, une figurine très similaire se retrouve également sur une pendulette exécutée vers 1640 par l'orfèvre augsbourgeois Hans Buschmann (1591-1662) (20). De quelques années l'aîné de ce dernier, Paulus Schiller naquit en 1583 à Nuremberg, devint maître en 1617 et s'éteignit en cette ville vers 1634. Il travailla avec son compatriote le peintre, graveur et marchand d'art Johann Hauer (1586-1660), dont la signature figure à côté de la sienne sur l'horloge de Germanisches Nationalmuseum de Nuremberg, déjà mentionnée.
      Tout en remarquant qu'on retrouvait pour la première fois " réunis autant d'objets intéressants de l'horlogerie du XVIe siècle ", l'érudite Charles Casati écrivait dans ses notes au sujet de l'Exposition rétrospective du Métal organisée en 1880 à Paris par l'Union centrale des Beaux Arts appliqués à l'Industrie (21) : " la collection qui renferme le plus d'objets de ce genre et qui présente réellement un tableau complet de l'horlogerie au XVIe siècle, est celle d'un amateur peu connu jusqu'à ce jour, M. Leroux ". Parmi ses horloges allemandes, " les plus nombreuses et beaucoup plus compliquées ", se retrouvait l'une sur laquelle " c'est une femme qui indique l'heure ; celle-ci est signée : Paulus Schiller " (22). Il serait difficile d'affirmer avec certitude qu'il s'agissait bien de notre horloge. Cependant, la mention dans une collection française de la fin du XIXe siècle d'une pendulette du même modèle et par ce même orfèvre allemand, reste un fait assez exceptionnel, lequel mérite d'être souligné ici.


      Estimation 40 000 - 60 000 € Artcurial






      PENDULETTE AUTOMATE
      PAR PAUL SCHILLER, NUREMBERG, VERS 1620-1630
      Figurant Uranie allongée, accoudée à un coussin, bougeant la tête et sa baguette lorsque l'horloge sonne, tenant un globe pivotant sur lequel elle indique les heures au moyen de sa baguette, sur une base en ébène à décor de sirènes dans des rinceaux présentant un tiroir latéral, la partie supérieure s'ouvrant pour découvrir le mouvement, les plaques rectangulaires réunies par six montants, signé "Paul Schiller", restaurations
      Hauteur : 19.75 cm. (7¾ in.), Largeur : 26 cm. (10 1/4 in.), Profondeur : 19 cm. (7½ in.)

      Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé
      prix: 43 000 €